Avant Rogers, il y avait Christian Yvars

Il existe des accompagnements qu'on mesure à leurs effets, longtemps après.
Celui de Christian en fait partie.
Pendant neuf mois de formation Ingénieur Responsable Pédagogique chez OpenClassrooms, douze projets en situation réelle, un titre RNCP Niveau 6 au bout, Christian a été mon mentor. Ce mot, usé par l'usage, ne dit pas grand-chose de ce qui s'est réellement passé. Je voudrais essayer de le dire autrement.
Christian ne transmet pas une méthode. Il crée les conditions pour que vous trouviez la vôtre. Ses questions ne pointent pas vers ce qui manque, elles ouvrent ce que la situation contient encore et que vous n'aviez pas encore vu. C'est une posture rare, qui suppose une lecture fine de ce que l'autre produit, et une confiance profonde dans sa capacité à aller plus loin.
Dans un article sur Carl Rogers que ce parcours avec Christian m'a conduit à écrire, j'ai mis des mots sur ce que j'avais d'abord vécu dans nos échanges : une attention réelle à l'expérience de l'autre, une exigence qui n'écrase jamais la personne, un espace où la pensée peut circuler librement sans perdre le contact avec le concret.
Je n'avais pas lu Rogers quand j'ai rencontré Christian. Mais j'avais déjà rencontré quelque chose de cette pensée dans sa façon de travailler.
Grâce à lui, ce qui était dispersé en moi, trente ans de terrain, un Master en philosophie, une ingénierie pédagogique en construction, a cessé de se regarder de loin pour commencer à travailler ensemble.
C'est la mesure la plus juste d'un mentor exceptionnel : non pas ce qu'il vous a appris, mais ce qu'il a rendu possible que vous appreniez.
