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Ce que les gens font quand ils ne comprennent pas.

© Photo by on Pexels

Ce que les gens font quand ils ne comprennent pas… mais qu'ils doivent faire semblant.

Il y a des moments en formation que tout le monde reconnaît.

Le formateur explique. Le groupe écoute. Et puis vient la question : « Est-ce que c'est clair ? »

Quelques hochements de tête. Un ou deux « oui ». Parfois un silence… vite comblé.

Et on continue.

Mais non, ce n'était pas clair. Personne ne l'a dit.

Pas par manque d'intérêt. Pas par désengagement.

Parce que dire « je ne comprends pas » n'est jamais neutre.

Cela expose. Cela crée un décalage. Cela met en jeu une image de soi, surtout devant des pairs.

Alors les gens font autrement.

Ils prennent des notes, même sans comprendre. Ils reformulent à moitié. Ils attendent l'exercice en espérant que ça s'éclaire. Ils regardent les autres pour se situer. Ils font ce qu'ils peuvent pour rester dans le mouvement, sans sortir du cadre.

Et de l'extérieur, tout fonctionne. Le groupe avance. Les séquences s'enchaînent.

Mais quelque chose s'est déjà joué.

Ce n'est pas un problème de niveau. Ni de motivation.

C'est une question de place.

La place que le dispositif laisse, ou ne laisse pas, à l'incompréhension.

Parce que comprendre, en formation, ce n'est pas seulement recevoir une explication. C'est pouvoir dire, à un moment donné : « là, je ne vois pas encore. »

Et sentir que cela a sa place.

J'ai vu ça se jouer différemment selon les dispositifs. Pas selon les formateurs. Selon l'architecture de la formation elle-même.

Un dispositif bien conçu ne supprime pas l'incompréhension. Il lui fait une place. Il ralentit à l'endroit où ça résiste. Il crée les conditions pour que ce qui ne tient pas encore puisse s'exprimer sans exposer.

C'est souvent à partir de là que quelque chose commence vraiment.

Pas à partir du contenu bien transmis. À partir de l'espace laissé à ce qui ne l'est pas encore.

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