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Certaines personnes très compétentes échouent en formation

© Photographie issue de Pexels

Certaines personnes très compétentes échouent en formation


Pas un peu. Complètement.

Elles comprennent vite. Elles maîtrisent leur sujet. Elles ont de l'expérience.

Et pourtant, rien ne passe vraiment.

Elles participent. Elles font les exercices. Elles répondent correctement.

Mais ça ne se transforme pas.

Longtemps, j'ai cru que c'était une question de niveau. Ou d'engagement.

En réalité, c'est autre chose.

Ces personnes-là savent déjà beaucoup.

Et c'est précisément là que ça se joue.

Elles écoutent en comparant. Elles filtrent en permanence. Elles valident ou invalident ce qui est proposé.

Elles ne sont pas en train d'apprendre. Elles sont en train d'évaluer.

Et dans cette position, rien ne peut vraiment se déplacer.

Pas parce qu'elles résistent. Parce qu'elles protègent ce qui fonctionne déjà pour elles.

Apprendre demande autre chose.

Accepter, à un moment, de ne plus être celui qui sait.

De suspendre ce qui marche.

De laisser entrer quelque chose qui, au départ, ne tient pas encore.

Ce passage-là est discret. Mais c'est souvent le plus difficile.

Et c'est là que beaucoup décrochent, sans le montrer.

J'ai rencontré ce phénomène dans deux contextes très différents.

En management d'abord, avec des cadres expérimentés en situation de transformation organisationnelle. Ceux qui savaient le mieux résistaient le plus. Pas par mauvaise volonté. Parce que leur compétence était aussi leur protection.

En ingénierie pédagogique ensuite, en concevant des dispositifs pour des professionnels confirmés.

Ce que j'ai appris : un dispositif conçu pour des experts ne peut pas partir de ce qu'ils ne savent pas. Il doit partir de ce qu'ils savent déjà, pour créer, à partir de là, un espace de déplacement.

Pas déstabiliser. Déplacer.

C'est une nuance qui change tout dans la conception.

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